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Jérémy G :
De la vente à l’enseignement scolaire, vers des futurs plus souhaitables

Comment est venu ton déclic ?

À un moment de ma vie, je décide de quitter mon travail. Je suis alors vendeur dans une enseigne d’ameublement, leader sur le marché mondial. Je fais partie des centaines de salariés du magasin. Je suis formé à vendre et à conseiller des produits auprès des clients. Mon rôle consiste aussi à optimiser les ventes de certains produits, en cherchant constamment à favoriser l’achat lors de chaque visite en magasin. En parallèle, j’ai accès en temps réel au chiffre d’affaires du magasin — ainsi qu’à celui de mon rayon — et à sa comparaison avec les autres magasins en France. Peu à peu, une question s’impose à moi : quel est le sens de mon métier ? Le déclic survient lorsque je prends conscience que j’évolue dans un système qui alimente la surconsommation. Cette prise de conscience devient particulièrement forte lorsque mon quotidien consiste à agrafer des étiquettes “développement durable” sur des centaines de produits chaque jour. À partir de là, un décalage grandit entre mes valeurs et ce que je fais au quotidien. Ma démission devient alors une évidence. Je la vis comme un soulagement, une libération.

Comment es-tu passé·e à l'action ?

Pour amorcer ma reconversion professionnelle, je me suis interrogé sur le sens que je souhaitais donner à mon futur métier. J’ai hésité entre un retour à la terre, en suivant une formation de maraîchage, et une orientation vers l’enseignement. Je suis finalement revenu à ma première aspiration : celle de transmettre un savoir. J’ai ainsi repris un master d’enseignement en physique-chimie et passé le concours du CAPES. Au-delà de la transmission de connaissances académiques, le métier d’enseignant représentait pour moi un moyen de transmettre également un savoir-être. J’ai envisagé l’enseignement comme une manière de sensibiliser les jeunes aux enjeux climatiques et de les accompagner dans leur compréhension du monde contemporain.

...et aujourd'hui, où en es-tu ?

À l’heure où j’écris ces lignes, je suis épanoui dans ma nouvelle vie professionnelle, trois ans après l’obtention du concours. Il y a un an, je rejoignais les Shifters de Nantes et lançais un projet avec l’une de mes classes, en collaboration avec les Shifters nantais. Ce projet s’inscrivait à la fois dans une dynamique locale et en lien avec les programmes officiels de l’Éducation nationale. Après avoir amené mes élèves à travailler sur le concours organisé par le Shift Project - Destination Shiftopie : imaginez une publicité en 2050 -, j’ai décidé de rejoindre à mon tour les organisateurs de cette initiative. La prochaine étape consiste à faire connaître ce concours au plus grand nombre : lycéens, étudiants, enseignants, ... et en devenant ambassadeur de ce type de projet, qui invite à imaginer un futur désirable dans un monde bas carbone à l’horizon 2050.

Quels conseils aurais-tu pour celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans le même parcours ?

Bien qu’il soit naturel d’appréhender une reconversion professionnelle,** je suis aujourd’hui bien plus heureux depuis que j’ai shifté**. Je me sens davantage aligné avec moi-même, mes valeurs et mes aspirations. Cette transition m’a fait grandir. Il ne faut pas hésiter à s’entourer : proches, famille, amis, Shifters, etc et à se renseigner auprès d’organismes tels que France Travail ou à réaliser un bilan de compétences pour amorcer un changement. C’est souvent en échangeant avec d’autres, en rencontrant des personnes aux parcours variés, que l’on parvient à trouver des réponses à ses questions et à ses doutes. Je terminerai par une citation d’Antoine de Saint-Exupéry, qui résonne particulièrement avec mon parcours : « L’avenir, tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre. »

Je témoigne