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Florence P :
Comment j'ai élargi mon job à l'Environnement

Comment est venu ton déclic ?

Alors que je travaillais dans un grand groupe de luxe et que je dirigeais une équipe de 30 personnes sur la Qualité et les Services, le désalignement de ma situation m'est apparu très clairement. Même si la qualité et la circularité étaient déjà très présentes dans mon métier, je n'étais clairement pas dans la posture rêvée pour faire ma part pour notre planète et les générations futures. C'est grâce à une discussion ouverte avec mon n+1 que j'ai pu rencontrer des dirigeantes au sein du groupe sur les sujets environnementaux. Nos échanges ont été très riches et inspirants. Pour faire évoluer mon métier vers l'Environnement et initier une mobilité, elles m'ont toutes invitées à me former en faisant un Mastère en Management de la RSE et du Développement Durable. Une voie possible s'ouvrait.

Comment es-tu passé·e à l'action ?

Les planètes se sont alignées : les candidatures pour le Mastères étaient encore possibles juste après avoir rencontré ces dirigeantes, mon n+1 et ma DRH soutenaient ma candidature. Néanmoins, quelques obstacles se sont dressés : ma DRH a refusé de participer aux frais du Mastère. Il me fallait donc débourser une petite somme pour ce Mastère de 18 mois, et m'absenter plusieurs jours par mois pour suivre les cours. Je n'avais pas la somme. J'ai donc utilisé mon CPF et fait un prêt (étudiant !). Ma DRH m'a offert 5 jours d'absence (sur 55), m'a demandé de passer sur un contrat partiel à 9/10 avec perte de salaire équivalente. J'étais en plein divorce et déménagement avec 3 enfants de 9 à 15 ans. Ce Mastère était une magnifique opportunité de repositionner ma vie au bon endroit pour un nouveau départ. J'ai accepté toutes les conditions et j'ai été très heureuse de retrouver les bancs de l'école. Cette reprise d'études m'a demandé de l'organisation, des soirées et des week-ends à travailler. Mais quel plaisir j'en ai tiré. En cours de Mastère, le groupe a relancé sa stratégie environnementale en demandant à toutes les Maisons de se structurer. Mon n+1 m'a donc demandé si je voulais incarner ce sujet pour la Maison. Je n'ai pas dit non ;-) et j'ai fait mon stage de Mastère sur la transition dans le luxe. Ce n'est que 2 ans plus tard que mon Statut a évolué pour être Directrice Qualité et Environnement. Il m'a fallu de la patience.

...et aujourd'hui, où en es-tu ?

Aujourd'hui j'ai une micro-équipe sur la partie environnementale ; les pratiques de la Maison évoluent dans le bon sens. Nous ne sommes pas à la bonne vitesse de changement et le business modèle est encore très "as usual" mais on progresse. Je travaille sur un projet en lien avec l'agriculture régénérative. C'est un sujet complexe qui me passionne, à la fois parce que - en tant que Maison de Luxe - nous devons absolument soutenir ces filières en voie de disparition pour sécuriser notre business mais aussi parce qu'il touche à notre souveraineté agricole, notre souveraineté alimentaire, à la santé de nos agriculteurs et à celle des animaux et des écosystèmes qui nous entourent. Ce projet est aussi lié à nos territoires, nos paysages...il me relie à la nature et j'adore ça. Je n'ai pas de plan pour la suite tant que je sens que j'ai de l'impact. Je pense que ce projet de filière va prendre du temps. J'aimerais avoir plus de moyens et accélérer. Je me sens freinée mais j'avance quand même. J'aimerais aussi être plus présente dans l'action locale. Evoluer vers un poste au sein d'une Mairie est une pensée que j'ai régulièrement.

Quels obstacles as-tu rencontrés et quelles leçons en as-tu tirées ?

  1. Mon premier conseil est de savoir s'écouter. Si tu es malheureux dans ton job aujourd'hui, accepte cette pensée et ose remettre en question ta vie actuelle pour te réaligner. Yann Arthus-Bertrand nous dit "qu'agir rend heureux". Je valide totalement.
  2. Se mettre en action prend du temps ; cela ne se fait pas en un claquement de doigts. Il faut savoir être patient et se réjouir de chaque petit pas.
  3. Agir et garder le cap dans un contexte complexe pompe notre énergie. A toi d'aller te ressourcer. Pour retrouver de l'inspiration et de l'énergie, j'ai créé un petit réseau de copines de la RSE (les COPs). Nous sommes une vingtaine et nous nous retrouvons autour d'un déjeuner 1 fois tous les deux mois pour partager nos difficultés, nos succès, les bons plans, les bonnes pratiques. C'est une mine d'or pour mon job et surtout une mine de bien-être pour moi. Je l'organise dans une grande salle de réunion de mon entreprise et quand ce n'est pas chez moi, une autre prend le relais dans ses bureaux. Cela rentre dans notre veille environnementale. C'est complètement accepté.

Quels conseils aurais-tu pour celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans le même parcours ?

Il n'y a pas d'âge pour shifter. On peut le faire à 35, 45, 55 ans et sans doute plus. Retourner se former à un âge avancé prolonge sans aucun doute la durée de vie de nos cellules grises ; j'ai eu l'impression de rajeunir. Je me sens alignée dans le pro et dans le perso...ça vaut tous les prêts du monde. Je suis reconnue dans mon travail par mes pairs et par les équipes de mon entreprise...je suis 10 000 fois plus épanouie maintenant et ça se voit (il parait!). En conclusion, il n'y a pas à hésiter, rejoignez le mouvement, vous serez en paix avec vous-mêmes et tellement plus heureux !

Je témoigne